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Interview Epycure : comment construire une marque forte et (aussi) responsable ?

Interview Epycure : comment construire une marque forte et (aussi) responsable ?

🔥 Passons à la loupe la marque Epycure, phénomène croissant dans le domaine des compléments alimentaires. Derrière Epycure, c’est Angélique qui se cache, vibrante entrepreneuse nommée 30 under 30 dans le panel de Forbes. 🌟 

🎤Qu’évoque-t-elle aux côtés de Jérôme ?🎤

✔️Un destin d’entrepreneur, ou comment apprendre de ses erreurs. 

✔️A-t-on besoin d’une boutique en propre pour jouer d’une stratégie phygitale créant une expérience client mémorable ?

✔️Comment toujours repenser son business modèle pour le faire s’accorder avec ses valeurs. 

L’expérience d’Angélique : une entrepreneuse en série ? 

Que retires-tu de ta première expérience d’entrepreneur ? 

J’adorais les réseaux sociaux, le branding, les marques, le produit. On s’est décidé à lancer des maillots de bain pour hommes. Cela a été la meilleure école. On a tout fait. On était déjà sur Shopify, on faisait des envois par nous-mêmes de notre bureau (une espèce de cave dans le 17ème). On a même été vendre des maillots sur les marchés, on a été chez les revendeurs… Cela a été assez rapide finalement. C’était rentable. J’étais hyper contente de cette expérience car cela a validé mon envie d’être entrepreneur. 

En quoi les frustrations de ton premier projet t’ont nourrie dans ton projet actuel ?

Avec Amalone, au bout de deux ans, je faisais énormément de choses que je faisais depuis le début. J’avais envie d’une boite où cela allait plus vite. Je manquais également de mentorat. Aujourd’hui, du fait d’avoir un investisseur qui a plus d’expérience, qui est là d’une manière quasiment quotidienne avec nous, c’est très agréable. J’avais besoin de développer un produit qui avait plus de sens pour moi. Sur Epycure, notre but est d’aider les gens à être en bonne santé, à se sentir bien au quotidien.

Quelle évolution pour Epycure ? 

Vous avez annoncé une belle levée de fonds. Quelles sont les prochaines grandes étapes pour vous ? 

On a un modèle rentable et stable. Le but est de financer notre production, de continuer à développer la tech. On veut que l’algorithme soit toujours plus poussé pour proposer une gamme de produits adaptés aux besoins de chacun. On veut n’être jamais limités dans nos projets… et notamment, faire un jour une boutique, ou un pop-up store. 

Par rapport aux coûts d’acquisition digitaux et à votre modèle, vous avez fait pas mal évoluer votre business model, pourquoi et comment ? 

On s’est lancé il y a deux ans, en ne proposant qu’une formule spécialisée sur abonnement. Tu remplissais un formulaire en ligne. En fonction de tes réponses, on proposait une formule adaptée à tes besoins. On s’est rendu compte que les Français n’étaient pas habitués à l’abonnement. On avait une certaine insatisfaction client qui n’était même pas liée à la qualité du produit ou son efficacité, mais au fait de dire : “j’ai été reconduit tacitement”. 

On a gardé cette offre-là mais on a aussi développé de plus en plus des formules standards, sur étagère, qui nous permettent aussi de commencer l’omnicanal. Ça nous a permis de développer un petit peu l’indirect en ayant signé le Bon Marché, Merci, et depuis peu, Monoprix, sur leur concept “La santé au quotidien”. 

Et aujourd’hui, on a quasiment autant, voire plus, de clients qui prennent des produits sur l’étagère que de clients abonnés. Et c’est hyper positif. Même pour nos chiffres. Parce que les clients sont beaucoup plus satisfaits de pouvoir revenir trois, quatre, cinq fois dans l’année et peuvent faire de plus gros paniers.  

Vers une marque de plus en plus axée sur l'omnicanalité ? 

Vous êtes essentiellement digital. Ce côté purement digital est-il voulu ou subi ? 

C’est voulu. On co-crée beaucoup de produits avec les clients. Ils remplissent des questionnaires. On communique tout le temps. J’ai aussi créé Epycure car lorsque j’allais en magasin bio ou spécialisé auparavant, j’étais un peu perdue parmi tous les produits. Il y avait des milliards de références. Personne ne te suit, ne te demande si tu vas mieux au bout d’un mois. Ca, en ligne, on peut complètement le faire

Comment vois-tu le retail en complément de votre digital ? Quel est pour toi l’élément essentiel dans le fait de développer votre propre concept en retail ?

Historiquement, on faisait beaucoup d’événementiel. Tous les mois, on faisait un petit-déjeuner avec des clients, des experts de santé qui nous suivent, des influenceurs, autour d’une thématique. 

On a un produit que l’on doit beaucoup expliquer. On essaie de le faire sur le site et sur les réseaux sociaux, mais ce n’est pas toujours facile de le faire efficacement. Le raconter en retail, c’est génial. On a deux personnes, dont une nutritionniste qui est géniale. Dès qu’elle fait des animations en boutique, chez Merci, chez Monoprix, les clients adorent. C’est plus simple en magasin pour faire de l'upscale, du cross-sales, et donner aux clients une expérience incroyable dont ils auront envie de parler. 

Comment faites-vous, sur votre réseau de retail-indirect, de distribution (chez Monoprix, Bon Marché), pour créer de l’expérience client ? 

Au Bon Marché et chez Merci, la chance que l’on a, c’est qu’on a nos espaces. Nous n’avons pas de corner, mais tous nos produits sont mis dans le même endroit. On vient faire des animations. On forme beaucoup les vendeurs. 

Authenticité et responsabilité : les valeurs piliers d’Epycure 

Un de vos enjeux du moment est d’arbitrer entre efficacité et naturalité. Peux-tu nous en dire plus ?

Nos grosses valeurs sont : la première, l’efficacité. Le but est que les gens suivent une cure qui fonctionne sur eux. La deuxième valeur est la naturalité. Pendant tout un moment, nous hésitions entre prendre un actif qui est moins efficace mais pouvoir afficher 100% naturel sur le produit ou prendre un actif plus efficace, hyper safe. Aujourd’hui, on a choisi de pousser l’efficacité. On a des produits qui sont à 85% naturels. On est complètement transparents : on l’affiche sur nos produits. 

Vous mettez énormément en avant l’expertise produit. Pourquoi est-ce essentiel pour vous ? 

Il y a de plus en plus de marques qui se disent très expertes et qui, au final, ne le sont pas. Lorsqu’on a lancé Epycure, on s’est dit : il faut qu’on connaisse le produit aussi bien que quelqu’un qui est depuis 25 ans dans l’industrie. Qu’on aille poser des questions très très bêtes, de consommateurs, à tous les laboratoires, pour pousser ce qui est acquis et qui n’a jamais été chamboulé. Cela a permis de faire le tri entre les fournisseurs et de comprendre ceux qui étaient prêts à créer le produit de demain. 

La première fois qu’on a parlé cohérence de marque et RSE ensemble, tu n’étais pas très à l’aise, alors que vous faites plein de choses. Pourquoi ?

Aujourd’hui, on a trouvé le bon curseur. On s’est inscrits sur ZEI, une plateforme RSE sur laquelle tu peux suivre tes engagements en termes de gouvernance, de social et d’environnement. On postule à AB Corp aussi. On travaille pour avoir un maximum de diversité dans l’équipe, pour incentiver les équipes au capital, proposer un maximum de bien-être au bureau. 

Il y a encore plein de choses sur lesquelles on doit progresser. Si on dit concrètement que c’est un process, qu’on va s’améliorer et que cela va évoluer, alors il y a une vraie bienveillance. Aujourd’hui, les consommateurs en ont marre des marques qui se sont dites créatrices du produit qui va changer le monde. 

Quels arbitrages avez-vous dû faire ? 

Récemment, nous avons eu un gros problème avec notre façonnier qui ne voulait plus conditionner les packagings. On s’est retrouvés complètement bloqués. Nos produits étaient prêts. Mais le fournisseur ne voulait pas les mettre dans le packaging. Donc, il y a un souci car parfois les fournisseurs ne te suivent pas. 

Pour trouver des bons packs, ce n’est pas facile. On se pose la question : est-ce qu’on les fait à l’étranger, mais ils seront plus clean ? Est-ce qu’on les fait en France mais ils seront moins clean ? C’est un arbitrage qu’on est encore en train de faire. On se remet en question tout le temps, et on se renseigne. 

Comment une marque comme vous peut-elle faire avancer les choses?

Sur nos fournisseurs, on a certains partenaires qui croient énormément en la marque. Ils se bougent pour faire mieux, plus green. Dans ces cas-là, on a un vrai poids. On a des fournisseurs qui sont plus compliqués. On est un de leur 400 clients, et on n’est pas le plus gros. Là, on a aucun poids. Par contre, ce qu’on arrive à faire, c’est créer une nouvelle norme dans l’industrie. Cela, on le sait car on parle beaucoup aux très belles marques historiques. Toutes leurs équipes en marketing regardent ce que l’on fait. 

Si tu devais nous recommander une personne à inviter à ce club, ce serait qui ? 

Noely de Pampa (la marque qui livre des fleurs). Elles ont été très fortes pour leur marque ; elles réfléchissent beaucoup. Aujourd’hui, elles font des fleurs artificielles, qui sont, certes, de base moins écologiques mais qui se gardent beaucoup plus longtemps qu’un bouquet sur une table. Elles ont la quadruple casquette de faire du direct via de l’abonnement, du retail, des partenariats, de l’événementiel énorme pour les clients. (...)

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