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Retail Insight
December 2018

Le Père Noël est une poubelle de tri sélectif

Comment se faire de l'argent sur le dos du Père Noël ?

Même si son traîneau est éco-propulsé et ses cadeaux de plus en plus recyclés, le Père Noël sèmera encore derrière lui des poubelles jaunes pleines d’emballages et de papier. Et pourtant le Père Noël est le nouveau symbole du recyclage !

Chaque année, les journaux font leurs choux gras des reventes des cadeaux de Noël présentées comme le nouveau phénomène de société. Ne savons-nous plus faire nos listes au Père Noël correctement ou celui-ci n’en fait-il qu’à sa tête au moment de remplir sa hotte ? Nous n’avons pas mené l’enquête.

Nous avons préféré poser quelques questions impertinentes au risque de faire la rencontre du Père Fouettard.

Le recyclage des cadeaux

“C’est un cauchemar Thérèse, il faut que ça cesse” Pierre

42% des français déclarent avoir reçu un cadeau indésirable lors des fêtes de Noël 2016 (ebay / Kantar TNS). Le chiffre interpelle mais sur les 9 cadeaux reçus en moyenne par les français, il est à pondérer.

Le 5 janvier a tout de même été surnommé National Return Day (journée nationale des retours) aux Etats-Unis. Mais les retours sont gratuits pour la moitié des distributeurs outre-Atlantique. En France, les taux de retour restent stables à cette période (Colissimo et Relais Colis / LSA). PriceMinister, par la voix de son président, Olivier Mathiot, a observé également un nombre d’annonces “assez semblables” à l’an passé. Il semble donc que sans nier ce recyclage, tous nos compatriotes n’aient pas décidé de revendre le cadeau de la grand-mère.

Sans surprise, les 18-34 ans sont les plus friands de la formule et représentent 60% des revendeurs en France (PriceMinister / OpinionWay). Mais c’est aussi la catégorie au pouvoir d’achat le plus faible et qui agit par nécessité avant tout.

Avant de jeter la pierre au Père Noël, interrogeons donc les origines et les gagnants de cette tendance.

via Gfycat

Une aubaine pour le commerce en ligne ?

La plupart des sondages vantant les mérites de la revente de cadeaux sont sponsorisées par les sites marchands dont on ne doute pas de l’impartialité.

Surtout, après le boom des ventes de Noël, les distributeurs ont réussi l’exploit de conserver la dynamique après le 24 décembre et souhaitent capitaliser sur cette nouvelle manne.

La démocratisation à marche forcée de la revente a commencé et peut sembler à rebours du caractère familial de cette fête mais accabler les sites marchands ne répond en rien au questionnement sur l’origine du désamour pour le pied du sapin.

Vive le vent, vive le vent, vive le vendredi

La première explication tient à la conjoncture qui pousse de nombreux gâtés à préférer boucler leurs fins de mois.

Le mode d’achat des cadeaux de Noël est aussi au coeur du problème. Longtemps, on s’est interrogé sur le diptyque faire plaisir ou se faire plaisir. Comme le suggère Aristote dans son Ethique à Nicomaque (I, 5) : “qu’est-ce que le bonheur sinon “le but ultime de toutes nos actions, qui ne sert de moyen pour aucune fin ou bien ultérieur(e)”.

Mais aujourd’hui, le prix est devenu le principal critère d’achat. Comment dès lors envisager le faire plaisir sous l’angle de la plus forte promotion !  48 % des consommateurs français prévoient d’ailleurs de faire leurs achats de Noël pendant le Cyber week-end (rapport Adobe). Le temps disponible oblige les français à optimiser leurs recherches et à consacrer moins d’énergie à leur recherche.

“On ne sait que choisir… C’est vrai qu’il y a l’embarras du choix” Thérèse

Alors la magie de Noël a-t-elle disparu ? On va vous rassurer tout de suite, on n’y croit pas du tout.

« C’est indéniable, les Français choisiront majoritairement de se rendre en boutique physique pour effectuer leurs achats de Noël, cela sera le cas pour près des 2/3 d’entres eux” (Rodolphe Oulmi, Directeur Général de Webloyalty France ). Si de nombreux français font désormais leurs achats en ligne, ils continuent à s’inspirer dans des boutiques modelées pour vous faire revivre l’émerveillement des enfants devant les devantures du Printemps et ses scénettes animées.

Alors plutôt que de voir les cadeaux de Noël comme un passage obligé et d’y consacrer encore cette année un budget conséquent (749€ en moyenne en 2017), personnalisez vos intentions, allez à la rencontre des producteurs, des artisans. C’est d’abord l’intention qui compte !

Et joyeux Noël, Félix !

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